La solution ? Un acheteur public à Matignon !

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"Providentiel. Qui profite visiblement et d'une manière inattendue à la personne bénéficiaire."
Ambrose Bierce


Cela ne vous aura pas échappé… Tout le monde a son avis, et y va allégrement de ses recommandations et objections, pour le futur locataire de l’Hôtel Matignon. "Politique", "Consensuel", "Rassembleur" ou "Technique"… Le profil varie dans des proportions ahurissantes. Et pourtant …

La rédaction d’achatpublic.info (et pourquoi pas ?) peut aussi donner son avis ! D’autant que la solution lui paraît tellement évidente… Technique ? A la recherche de consensus ? Appliquant un programme connu de tous ? Analysant les risques, tout en restant à l’écoute des territoires et soucieux et des finances publiques et du maintien du service public ? Transparent et respectueux du cadre juridique ?
Vous ne voyez pas ? Ce qu’il faut à Matignon.. c’est un acheteur public ! Evidemment !

"Une préconisation pro domo," penseront les dubitatifs. Prouvons-leur la pertinence de notre recommandation.
 

L’indispensable maîtrise des risques

Un Premier ministre doit maîtriser tous les risques, en commençant par les cartographier. Les acheteurs publics maîtrisent en principe parfaitement le sujet. A lire Sébastien Taupiac ([Tribune] « La cartographie des risques est désormais indispensable dans l'achat public »"), c’est même une de leur priorité : risques opérationnels, risques financiers, risques de conformité, risques de réputation, risques stratégiques… « L’État et les deniers publics ne pourront éternellement compenser cette absence d’anticipation ou, a minima, cette évaluation du risque».
Parmi les risques les plus sensibles, il y a aussi, bien sûr, le risque de corruption (lire "Un dispositif anticorruption implique une cartographie des risques et la gestion de ces risques").
 

Une action pragmatique... et compréhensible

On le sait, le Legal design, c’est bien plus que des schémas et autres "sketch notes". C’est d’abord savoir s’adapter à son interlocuteur. L’enjeu nourrit désormais les réflexions de tout acheteur public (relire "[Interview] Sophie Lapisardi "communiquer efficacement sur des thèmes clés de la commande publique"). Me Sophie Lapisardi s'attache à lever toute ambiguïté. Le Legal design ne renvoie pas à une notion d’esthétisme, mais s’inscrit dans un objectif de fonctionnalité. Toute action (documents, présentations, formations…) est conçue afin d’être fonctionnelle pour l’utilisateur ou le destinataire. « Faire du « legal design », c’est « concrètement, un "process" qui place l’interlocuteur au centre » (lire "Relancer la concurrence dans la commande publique à l’aide du « legal design"). 
D’ailleurs, Sophie Lapisardi affirme même l’existence d’un 4e grand principe de la commande publique : le pragmatisme (relire "[Dessine-moi la commande publique] Les principes de la commande publique").
Pourquoi ne pas s’en inspirer en haut lieu ?
 

Une fibre « sociale »

Le futur locataire de Matignon devra avoir une belle fibre sociale. La commande publique pousse l’acheteur à la développer particulièrement. Certains, même innovent (lire "Université de Perpignan : une inédite variante sociale"), développent "le social", quitte à retourner d’ailleurs certains concepts (lire "La clause d’interprétariat : une clause sociale ?") et n’hésitent pas à s’emparer des dispositifs les plus récents (lire "Nouveau marché réservé au milieu pénitentiaire : une opportunité pour les acheteurs ?").
 

Le tissu économique territorial et le « durable » au cœur des préoccupations

Bruno Le Maire avait affirmé, en avril 2024 que d’ici 2027, « la commande publique aura été intégralement repensée pour faciliter la vie des entrepreneurs» (relire "Commande publique : « simplifier des règles qui sont dignes de Balzac »"). On peut s’étonner d'une telle affirmation. Reste que le soutien du tissu économique local est un objectif désormais majeur pour les acheteurs publics. Tous s’organisent et communiquent auprès des PME pour leur expliquer que la commande publique leur est aussi, bien entendu, ouverte (lire "Région Sud : « l’achat public ? Et pourquoi pas vous ? »" et relire "Achat durable : la Dracénie passe au vert").

Car en effet, l’acheteur public a lui bien compris qu’économie et achat durable, non seulement "cohabitent", mais plus encore ont des effets démultiplicateurs réciproques (relire "L’achat public durable : un atout pour les PME ?" et "Economie circulaire et commande publique : la route est droite, mais…").
 

Un bon coup de gueule... de temps en temps

L'acheteur public montre donc toutes compétences requise pour investir Matignon : « pour conclure et exécuter des marchés publics efficaces, chaque service acheteur doit maitriser trois compétences : techniques bien sûr, mais aussi juridiques et financières ! » résume Pierre Daramy. Il en ajoute même une autre… plus détonante que celles traditionnellement énumérées (relire "Un bon acheteur maîtrise à la fois les soft skills… et les hard skills" et "Etre un bon acheteur, c’est faire preuve d’intelligence émotionnelle"), mais certainement essentielle : « de temps en temps une petite colère professionnelle peut être de bon aloi » (lire "Une journée avec... Pierre Daramy: «Chaque service acheteur doit maitriser trois compétences»").

 

Alors…Convaincus ?
A vrai dire, cette recommandation d'un profil d'acheteur public, nous l’avions déjà formulée en 2021, à l’occasion de la mauvaise gestion de la crise Covid (relire "A quand un acheteur public aux commandes ? (lettre à l'Elysée)").
Mais à l’époque, déjà, nous n'avions pas été entendus ...